27 Avr 2017
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Le tableau de Saint Yves

 Le culte de Saint Yves est très développé dans le Trégor car Yves Helary est né à Minihy-Tréguier en 1253. Après des études de lettres et de droit il revient au pays pour devenir curé de Trédrez. Il est en même temps nommé juge ecclésiastique à Tréguier et se fait le conseiller et le défenseur des plus démunis. Il est le patron des avocats et, à Tréguier, un important pardon perpétue la tradition des pèlerinages qui s’étaient très rapidement développé dès avant  sa canonisation en 1347 par le pape Clément VI.

Ce tableau, répertorié par Maud Hamoury dans son livre « la Peinture Religieuse Bretonne aux XVII et XVIIIème siècles », est  attribué à Jean-Baptiste Pigeon, peintre morlaisien dont on connait « l’Assomption de la Vierge » au maître-autel de Hengoat, un « St Yves  entre un groupe de riches et de pauvres » de 1674 en l’église de Louannec, « St Norbert recevant la règle de St Benoit » à Paimpol, et « St François de Paule entouré du Tiers-ordre remettant la règle à l’Eglise » dans la cathédrale de St Pol de Léon. La qualité des portraits des trois personnages, Saint Yves, le riche et le pauvre ainsi que la précision des détails de leur costume (contemporain de la deuxième moitié du XVIIème )  atteste du grand intérêt de cette toile. On compte seulement huit peintures sur toile et une peinture murale de St Yves  en Bretagne alors qu’on trouve une abondante statuaire. Les peintures sont toutes de la 2éme moitié du XVIIème siècle après quele Concile de Trente (1545-1563) instituant la contre-réforme, rendue nécessaire par la progression du protestantisme, recommandait  l’iconographie dans le but de rechristianniser les campagnes.

« La paroisse de Ploubezre semble avoir voué une dévotion particulière à saint Yves. Outre la présence du tableau de Pigeon conservé dans la chapelle de Kerfons, les comptes des années 1675-1676 de la confrérie du Luminaire de la paroisse de Ploubezre révèlent la dépense de « 85 livres payées à Jean Briand me menuisier pour avoir fait un retable et de mettre un tableau de saint Yves et marche pied ». Le tableau fut vendu à la confrérie pour 15 livres par Yves Le Gouliez, maître doreur, suivant une quittance en date du 18 juin 1676. Le 27 février 1746, les registres de délibérations de la même paroisse mentionnent qu’il est nécessaire de faire dorer le retable de l’autel du Rosaire et de Saint-Yves. Un devis est effectué par Joseph Baic, peintre de Lannion pour faire les dorures et peintures et « faire un tableau nouveau à la chapelle Saint Yves ». »

                                          Extrait du livre « Saint Yves et les Bretons «  de Maud Hamoury

Cette peinture sur toile a souffert de l’humidité, des traces de moisissures auréolent plusieurs endroits du tableau et une cloque soulève la toile et risque de faire écailler la peinture. Il est donc urgent d’intervenir. Mme Christine Jablonski, conservateur des Monuments Historiques de Bretagne Nord et Mme Céline Robert, conservateur des antiquités et objets d’art pour l’UDAP22 se sont déplacées pour nous conseiller et nous ont signalé les restauratrices de tableaux agrées par leurs services.

Bizarrement, alors que la chapelle est classée monument historique depuis 1899, l’ensemble de la chapelle l’étant depuis 1910 et le reste du mobilier depuis 1975, ce tableau semble avoir été oublié dans l’inventaire. Mais la procédure de classement a été mise en route.


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